Mardi 17 août 2010 2 17 /08 /Août /2010 19:23

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Il m’arrive de me demander pourquoi les happy end des films américains réussissent toujours à me faire sourire et à me surprendre, non pas qu’une amnésie soudaine me fasse oublier la rencontre, l’obstacle et les retrouvailles tendres avec un fond de teint parfaitement hâlé sur les peaux des acteurs principaux qui se répètent, ni d’ailleurs qu’une faiblesse momentanée joue sur ma capacité à distinguer fiction de réalité, ou peut être que si, peut être que ces intrigues si peu recherchées jouent tout simplement sur notre capacité à espérer. Lorsque nous regardons la joie (feinte) d’un amour pour toujours dans les yeux d’une blonde pulpeuse nous voyons l’espoir que cet amour pour toujours si évident après cinq rendez-vous parfaitement cadrés entre deux individus qui se sont rencontrés par pur hasard puisse un jour se voir dans nos yeux. Ces yeux qui prennent le métro, à l’affût du prince charmant qui vous rentre dedans sans vous écraser et vous sourit affectueusement, qui guettent un profil exemplaire sur Meetic avec une photo correspondant aux qualités si modestement évoquées, ces yeux qui interrogent celui à qui vous laisserez votre numéro en robe moulante en espérant qu’il veuille bien de la crasseuse en jogging du dimanche après-midi pluvieux, ou encore ces yeux qui, déçus après un salop qui se cachera derrière de fausses excuses, chercheront de l’espoir dans ces films souvent niais. Mais alors pourquoi, tout en étant consciente de la différence entre la complexité des relations amoureuses et la simplicité de ces scénarios, je finis toujours par sourire à ces compliments cent fois répétés, à ces hasards attendus, à ces soirées romantiques complètement surréalistes, pourquoi ? La vision de dizaine de ces films en une après-midi ne m’a pas donné la réponse, certes un petit agacement survient lorsque la réplique sur le bout des lèvres j’arrive à inventer la suite, elle foire tout, il lui en veut, il s’en va, elle souffre, règle tout, et lui revient, juste là quand elle a réussi à réparer toutes ses erreurs en une journée, comme si la télépathie de sa réussite éclaire avait fonctionné, ici dans la vraie vie la télépathie apparaitrait plus sous la forme d’un iPhone, ou d’un Blackberry qui nous servent à gérer des vies débordées par l’ennui. Mais peu importe  la forme que cette télépathie qui les fait se retrouver prend, car ce qui me palpite c’est de croire que le destin va rendre possible cette télépathie. Certes dans les happy end le destin fait bien les choses, trop bien me direz-vous, et je ne vous contredirai pas, mais est-ce que ce n’est pas l’espoir de chacun d’entre nous, ce moment où, à peine réveillé la limite entre la fiction et la réalité est si mince, que l’on aime à croire qu’elle puisse se confondre, cet espoir vous a un jour appartenu, à chacun d’entre vous. Pour certains il n’a pas dépassé l’enfance et l’espoir que la sorcière ne réussira pas à séparer le prince charmant de la princesse endormie, mais pour d’autres, comme moi, cet espoir est encore là, ni les épreuves, ni les décès, ni les ruptures, ni les méchancetés, ni les critiques, ni la haine ne me feront perdre cet espoir d’enfant. Mais la seule chose qui m’intrigue c’est la raison pour laquelle ces films sont si populaires aux Etats-Unis et si méprisés en France, pourquoi méprisons-nous ceux qui espèrent encore ? Par jalousie peut être, nous nous sentons supérieurs à l’espoir, nous n’en avons pas besoin mais ce mépris pour l’espoir ne nous mène-t-il pas tout droit à notre perte ?

Par E.
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Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /Mai /2010 14:58

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Un mois jour pour jour, un mois que nous ne nous étions pas vues, pas croisées, pas effleurées, un mois qui avait parut si facile cette fois, comme si enfin depuis quelques jours j'avais compris que je devais m'en séparer, comme une lettre que l'on envoie en espérant qu'elle arrive à bon port en sachant que l'on a pas noté d'adresse, pour une fois je sentais vraiment que ce manque atroce avait disparu, elle n'était pas faite pour moi, elle ne le serait jamais et elle ne l'avait jamais été. Lorsque je voyais son nom sur l'écran rétroéclairé à des heures où mes neurones engourdis se mettaient à nouveau à palpiter, j'avais un souffle d'espoir, ce peut être, pervers, douloureux, qui fait que le manque revient quand on l'avait enfermé pour la nuit, pour quelques heures de répit, ce manque, il n'était plus, je pouvais me rendormir sans répondre, sans même me sentir coupable, elle était devenue quelconque, un être spécial devenu quelconque, comme une irréalité branlante, mais pourtant, elle l'était. Alors quand je suis allée la voir, en sachant que c'était fini, j'allais la voir en amie, rien de plus, je n'avais plus d'espoir, et rien que l'idée d'en avoir eu me faisait sentir coupable, mais j'étais finalement arrivée à une phase de détachement relatif, comme si je m'étais extraite de ce corps qui me réduisait il y a quelques jours encore à des douleurs au sternum à la vue de son prénom. Elle était là, au milieu de la foule engourdie par une chaleur suave, la mèche imperturbable, les yeux en amande, et les faussettes fautives, ni elle ni moi n'étions à notre place, et pourtant nous sommes restées, pour quelles raisons? Je pourrais en trouver des centaines, en inventer, mais en réalité, il n'y en a aucune, peut être la curiosité pour moi, peut être la culpabilité pour elle, de m'avoir fait venir et de me faire partir, d'être venue pour rien, pour le plaisir d'une reine que la cour acclame, réclame, et moi bouffon du roi, le roi qui touche ses lèvres juste devant mes yeux, je détourne le regard, elle fait sa vie, moi la mienne. Ca faisait du bien de se voir et de ne plus avoir ce doute, ce peut être, comme lorsque je recevais un message, c'était doux, et puis, l'alcool aidant, les langues déliées, son regard plus pressant, moi impassible et sa jalousie peu dissimulée à l'approche d'une autre fille, ses lèvres à mes lèvres, me dévorant littéralement, m'empoignant sur la place publique, et cette phrase répétée sans cesse "I love you", une fois, par heure, puis par minute et par seconde, comme si la première fois n'avait pas suffit à me déstabiliser. Elle était bourrée, et oui, tellement bourrée qu'elle me l'a dit ce je t'aime tant attendu qui n'était que du vent, malheureusement je n'ai pas entendu le silence dont elle se souvient mais bien ses mots, énoncés avec plus de clarté qu'aucun autre, sa possessivité, ses larmes, cet attachement, cette fragilité, plus à nue que jamais, me tendant les bras, me tendant les mains portant sa vie, je l'ai pris, je l'ai effleurée, sa vie, cette petite vie, un peu bancale, furtive, et plurielle, je l'ai tenu au creux de mes mains, et quel bien ce fut de la sentir mienne, de sentir son regard mien et de sentir sa main broyer la mienne de peur que je m'en aille, "promets moi que tu resteras toujours avec moi" m'avait-elle suppliée dans la rue, "promets moi", "je te le promets".

Mais l'alcool aidant, ses mots ont disparu, ils se sont enfuis, comme elle, tandis que la réalité m'a claqué de plus belle, là du coin de l'oeil au pied de mon lit, lorsque mes yeux engourdis ont vu son prénom et que ses mots entrelacés m'ont laissé entrevoir son amnésie passagère. Soudain j'ai compris, que n'oubliant jamais, il fallait faire comme si, cette vie que j'avais tenue n'était qu'une chimère, tout ce qu'elle n'avait jamais été quand je la saisissais, car jamais cette personne elle ne sera, et jamais cette personne elle ne fut. Je sais toujours qu'il n'y aura jamais de nous, même si pendant six mois j'ai voulu y croire, elle est arrivée pour noel, comme le petit jésus le voulait, mais je ne sais pas comment la laisser partir, et encore moins comment oublier, qu'un jour elle fut à ma portée.

Par E.
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Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /Mai /2010 14:55

Je pourrais écrire des heures pour expliquer pourquoi,

Mais je sais que malgré mes efforts je ne le saurais pas,

Il y a des jours comme ça où vous sentez le poids,

Celui d’une vie que vous ne vivrez pas,

 

Aujourd’hui je dois faire une place au silence,

Dans mon cœur et dans mon âme blessée,

Il ne me reste plus que l’absence,

Pour essuyer les traces d’un passé,

 

Il fut un temps où je parlais au présent,

Lorsque ses yeux me souriaient encore,

J’y penserai toujours en m’endormant,

Même si ses sentiments sont morts,

 

Elle a fuit à ma demande expresse,

Tandis que je ne voulais que son refus,

Maintenant c’est en vie qu’elle me laisse,

Quand je sais son corps à jamais perdu,

 

Son regard brun n’est plus mien,

Seule sa boîte vocale résonne à mes oreilles,

Tant mon nom ne lui inspire plus rien,

Pendant que moi, je veille,

 

De loin, sur ses jours et sur ses nuits,

En priant le ciel qu’il me la rende,

Pour un dernier souffle infini,

Et que sa main, elle me tende,

 

Je pourrais écrire des heures pour la retrouver,

Juste une nuit au creux de mes bras reposer,

Jusqu’à ce que nous sépare le destin,

Et qu’il réussisse à desserrer nos mains,

 

Peut être un soir sa voix se fera sentir,

Et nos mots se lieront en de longs discours,

Car notre histoire elle n’a pu fuir,

Le petit jésus m’a dit qu’il était pour.

 

Par E.
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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 17:52

Je vous regarde et je frémis, la laideur de vos visages s’étalent sur les murs tandis que les odeurs de putréfaction arrivent lancinantes à mes narines, je me tiens devant vous, le combat dans l’âme, le combat dans la lame, celle qui est plantée dans mon dos, celle qui est plantée dans mon cœur et que je n’enlève pas. Enlever les lames reviendrait à accélérer l’hémorragie, et la douleur est encore supportable, je n’enlèverai les lames que pour les planter ailleurs, dans d’autres chairs graisseuses, dans d’autres sourires coupables. Coupables de la haine, coupables du mensonge, coupables de l’incompréhension, coupables de l’abandon, coupables de la trahison, coupables de la provocation, coupables de la méchanceté, coupables de la lâcheté, coupables de l’hypocrisie, coupables de l’infamie, coupables pour une vie, coupables pour un instant, coupables sur une enfant, coupables me laissant meurtrie.

Les coupables dorment paisibles ne soupçonnant pas que la lame du destin reviendra un jour sonné à leur coquette porte ornée d’un paillasson de bienvenue, et qu’elle laissera sa trace dans leur paradis insouciant, d’actes cachés, d’actes réprimés, d’actes niés, d’actes violés, d’actes violant, d’actes acharnés, d’actes méprisant.

Je vous regarde et je frémis, mais mon corps ne laisse filtrer aucune faiblesse qui vous ferez crier victoire, qui vous ferez terminer l’histoire, mon histoire commence et la vôtre continue, vous avez marqué la mienne et les lames me reviennent, mais un jour vos regards plongés dans mes yeux, vous feront sentir la honte, le mépris et les adieux, de ceux qui voyant votre vrai visage, finiront votre histoire.

Par E.
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Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 15:01

jeu_d_eau_2.jpg"-Pourquoi me regardes-tu de ces yeux noirs, pourquoi me fixes-tu dans l'obscurité?
Je me tiens devant toi alors frappes, vas-y, frappes, je veux ressentir une douleur, celle qui t'emplit, je veux saisir le mal qui est en toi, transmets moi cette douleur, vas-y frappes."
Seulement je ne frapperai pas. Car ma douleur, physique soit-elle, n'a aucun lien avec mon épiderme, non, frapper ne servirait à rien. Mon regard est si intense que je suis lancinante, mais je reste debout, sans trembler, ma tête pourrait exploser, sa voix se fait lointaine, abstraite, tandis que ma douleur devient de plus en plus concrète, palpable, je pourrais presque la saisir dans mon sternum d'une poignée de main, je voudrai la sortir et la lui jeter à la figure, alors ce sera ma douleur qui la frappera en plein tête, pour qu'elle puisse la ressentir. Elle n'attend que ça, le moment où je vais frapper et m'abaisser à son niveau, où elle sera fière d'avoir fait plonger mon esprit dans un étalage de sentiments violents, ou elle sourira de voir les larmes de haine couler, elle ne bouge pas et continue d'exploiter toute sa verve pour me faire plonger "frappes ça te fera du bien tu te sentiras mieux, frappes pour me pardonner, frappes pour oublier, frappes pour partager".
Est-ce donc cela? Une histoire de partage? Un combat contre moi même avec un intermédiaire physique, une étape pour arriver à un calme strident, l'idée du calme me brûle les oreilles, cette idée de la mort, ce silence après des sanglots, le moment où chacun cesse de respirer pour ne pas troubler le calme du mort, le calme dont on besoin les familles pour se recueillir, je ne veux pas le calme, après une passion le calme est fade, inodore, obscur, lointain, il apparaît comme un démon, celui qui dort sous l'oreiller mais qu'on espère ne jamais voir sortir, le calme dort sous nos vies, il reste sous nos vies, mais parfois nous aimons aller chercher les limites de nos vies, et voir ce qu'il y a en dessous, parce que c'est plus facile de rester sous le lit que de grimper dessus. Mais les gens qui ont effleuré ce qu'il y a au-dessus craignent le calme, comme la peste, qui se répand autour de vous, dans vos maisons bien rangées, chez vos amis bien coiffés, dans les bureaux bien organisés, dans les émissions bien encadrées, et le monde plonge. Pour rester au-dessus il faut la passion, quelle qu'elle soit, quelle forme qu'elle puisse avoir, quelle odeur, quel sens, rien n'importe, seul la sensation de vivre qu'elle véhicule.
Il n'y aura pas de partage parce que je ne veux pas le calme, la passion ne revient pas, elle est une, entière, furtive, violente, intense, et ne se laisse dompter par aucune volonté, aucun bon sens, aucun raisonnement, juste soit-il, elle ne souffre aucune amitié, aucun lien familial, aucun attachement quelconque, elle est ce qu'il y a de plus beau mais de plus insaisissable, on la cherche mais c'est elle qui nous trouve, seulement elle ne trouve pas ceux d'en bas, ceux qui ont choisit le calme.
Prendrez vous le risque de monter sur le lit?

Par E.
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